Kishimoto: Encore une nouvelle Interview sur le début de Naruto

écrit par Kheops le 22 Nov 2014
En 15 ans Kishimoto a très peu parlé, ou répondant a des interviews sous forme d'énigme, mais depuis la fin du manga, le mangaka a envie de s'exprimer (et beaucoup), voici donc une nouvelle interview, cette fois ci réalisé directement par le Shonen Jump et d'adressant à Kishimoto et son éditeur des débuts Kosuke Yahagi et nous parlant du début de Naruto et comment ce manga est arrivé dans le shonen jump




Tout a commencé avec la rencontre d'un jeune éditeur et d'un mangaka débutant.

Le commencement

Weekly Shonen Jump : Kishimoto Sensei et Kosuke Yahagi, ancien éditeur de Naruto et désormais éditeur en chef du magazine Jump square, sont aujourd'hui là pour nous raconter le chemin qu'a parcouru le manga Naruto entre le début de la publication jusqu'à son succès mondial.

Wsj : Avant tout, quelles sont les circonstances de votre rencontre ?
Kishimoto : Après avoir remporté le prix du meilleur manga lors du Hot-Step award, avec le titre Karakuri. J'ai donc été contacté par la rédaction du Jump qui m'a attribué un éditeur, Yagahi-san. Il s'est donc présenté et m'a posé un certain nombre de questions.

Wsj : De quelles genres de questions, s'agissait-il ?
Ki : Il m'a demandé si j'étais réellement prêt à devenir mangaka, sa question m'a interpellé, je me suis dit que cela ne devait sûrement pas être une tâche aisée. Néanmoins, j'ai répondit oui. C'est grâce à cela, entre autres, et aussi grâce aux autres questions que nous avons abordées, que j'ai su dès le début que je pouvais entièrement lui faire confiance.

Wsj : Que pensiez vous de Yagahi-san à ce moment là ?
Ki : J'étais convaincu que tous les éditeurs du Jump étaient parfaits et qu'ils savaient tout de l'univers du manga.
Yagahi : Wow, vous aviez tort (rires).

Wsj : Vous aviez à l'époque 25 ans, et ça faisait environ 2 ou 3 ans que vous travailliez chez Jump au titre d'éditeur?
Ya: Oui exact.
Ki : Oui Yagahi-san a environ 2 ou 3 ans de plus que moi.
Ya : Mais j'ose espérer que cela ne m'a pas empêché d'avoir l'envergure nécessaire ?
Ki : Pour un mangaka débutant, son éditeur est son mentor, et donc on se dit que s'il nous déteste, c'est fini, notre vie est foutue.
Ya : N'exagérons rien. (rires)
Ki : Lorsque l'on discute avec les autres mangakas, on entend parfois d'un côté des propos du genre Il ne faut pas que tu acceptes tout ce qu'un éditeur te propose, tu comprends ?, et moi je réponds que ce n'est pas faux. Ou alors on entend, au contraire : Ah non, il faut que tu suives à la lettre ce qu'il te dit. et je réponds la même chose... (rires)

Wsj : A ce moment là comment avez-vous réussi à identifier le talent de Kishimoto sensei ?
Ya : Comparé à beaucoup d'autres, il avait un joli coup de crayon et un beau style. Mais ce qu'il dessinait avait un côté un peu sombre. Ses personnages avaient tout le temps les yeux cernés. Je me souviens m'être demandé à ce moment-là, pourquoi il en était ainsi, et que c'était dommage car c'était du gâchis. Mais j'avais réalisé en même temps qu'il avait une touche d'originalité.
Ki : Oui c'est vrai, vous m'aviez demandé à ce moment d'essayer de rectifier le tir.

Wsj : Combien de mangakas, supervisiez-vous, à cette époque ?
Ya: J'avais les coordonnées d'environ 200 dessinateurs, mais je n'en suivais réellement qu'environ la moitié.

Wsj : Une centaine mais c'est énorme !? Parmi tous ces mangakas, à quelle place positionniez-vous Kishimoto-sensei ?
Ya : si je devais sélectionner un top 10, il y serait indéniablement. Mais cela dit, le choix n'est pas aussi évident qu'il n'y paraît, d'autant qu'il n'était pas de la région, ce n'est pas comme s'il avait beaucoup d'opportunités qui se présentaient à lui.
ki : A l'époque je lui avais posé la même question, et le nombre de personnes qu'il devait superviser m'avait grandement surpris.
Ya : Vous savez, quand vous vivez dans le milieu du manga et que pensez constamment aux mangas, à force, vous finissez même par en rêver. Je me souviens que je voyais souvent le travail de Kishimoto-sensei dans mes rêves. Et j'espérais vraiment pouvoir voir ces rêves se réaliser.

Wsj : Vous aspiriez à ce moment-là à entamer une série, mais le processus s'avérait assez complexe. Comment avez-vous pu gérer l'élaboration des one-shot qui ont suivis ?
ki: Après avoir remporté le Hop-step award, j'ai écrit Michikusa, une histoire assez courte. Mais on m'a reproché le caractère trop personnel de l'histoire et on m'a expliqué qu'il ne fallait pas perdre de vue l'aspect divertissement que l'œuvre apporte au lecteur. Pour moi, cela a été une révélation. On m'a demandé de m'inspirer davantage de scènes plus cools comme dans Karakuri, et de voir un peu du côté de Slam dunk pour étudier un peu plus l'élaboration du scénario.
Ya : C'est après cela que le One shot de Naruto a été conçu, et nous étions satisfaits, à la fois, de la construction des personnages et aussi de sa réception auprès du lectorat. Cependant, dans le One shot, il y avait une petite différence, Kyubi n'était pas scellé en Naruto, c'était le personnage lui-même. A cause de cet élément, il était difficile d'en constituer un scénario de base pour une série. Du coup, nous avons réexaminé toutes les possibilités à partir de ce qu'il avait crée, et nous avons opté pour essayer de le développer à nouveau Karakuri.
Ki : Nous avons donc retravaillé Karakuri. Et, c'est au même moment que l'on m'a proposé d'écrire un One shot pour le Weekly shonen Jump.
Ya : On a eu la possibilité de travailler pour le magazine, sans même avoir gagné un concours au préalable, c'est un gage que l'on attendait beaucoup de nous. Mais malgré cette occasion, nous avons manqué de temps pour bien nous préparer.
Ki : Je n'avais que deux semaines pour travailler après que l'histoire a été décidée. Et je n'avais qu'une journée pour réaliser le storyboard.

WsJ : Comment a-t-il été reçu ?
Ya : Très mal. Les critiques ont été catastrophiques.
Ki : Cela a été une sacrée claque pour nous. Avant cela, nous avions un bureau privé pour nos réunions. Après la publication de ce One shot, nos réunions ont commencé à avoir lieu dans une sorte de hall qui fait office de bureau pour tous les nouveaux arrivants. (rires) A ce moment-là je m'étais dit ils sont vraiment doués pour remonter les bretelles à quelqu'un.
Ya : La différence, c'est que pour le One shot de Naruto, nous disposions de suffisamment de temps pour régler tous les points de l'intrigue, de bien la ficeler, donc cela avait très bien marché. Alors que pour Karakuri, nous avons pêché par manque de temps.
Ki : Avec le recul, je comprends mieux ce qui avait bien marché pour Naruto et ce qui avait au contraire fait défaut à Karakuri.

Wsj : Et de quoi s'agissait-il ?
Ki : Tout était dans la personnalité du protagoniste, Naruto a un sourire sincère, franc, alors que le héros de Karakuri avait un coté un peu sournois.
Après cela, j'ai dessiné un manga de baseball, mais cela n'a pas porté ses fruits. Alors j'en avais conclu qu'il fallait que j'arrête de dessiner des shonens, et c'est ainsi que j'ai débuté l'écriture de Mario.
Ya : A cette période, il ne présentait plus beaucoup de travaux, donc je n'avais pas réalisé les progrès qu'il avait accomplis. Après une longue période sans nouvelles, il a fini par me faire part de Mario, le dernier projet sur lequel il travaillait, puis il m'a demandé si c'était possible de lui proposer de travailler pour un magazine Seinen.
Ki : Yagahi san, m'a dit de rester car cela pouvait être publié en tant que shonen.
Ya : Le manga de baseball était peut-être un peu trop seinen, et le coté seinen était encore plus accentué avec Mario. Je lui ai donc demandé de réessayer un shonen encore une fois, mais je m'étais dit que s'il refusait, je ne pourrais rien faire de plus.
ki : Après cela j'ai réalisé un storyboard de Magical Mushroom. Mais peu de temps après, j'ai reçu un appel, et on m'a demandé de laisser tomber les one-shot pour le moment et de réfléchir à l'élaboration d'une série, j'étais totalement abasourdi.
Ya : Oui en effet, Mario était vraiment très réussi, et je savais qu'il avait le talent pour débuter une série. Il fallait juste l'en persuader. Nous avons donc décider de proposer une nouvelle version de Naruto, avec un scénario retravaillé.
Ya : On a donc présenté les 3 premiers chapitres sous forme de storyboard, le premier était vraiment très bien constitué.
Ki : Oui je me souviens que vous m'aviez dit que c'était parfait.
Ya : Néanmoins lorsque l'on a soumis notre projet de sérialisation en réunion, nous avons été confrontés à deux autres projets de mangas sur le thème des ninja, dont l'un était écrit par un mangaka chevronné. Cela nous a un peu inquiété mais nous nous en sommes bien sortis, et c'est nous qui avons été sélectionnés pour la série. Par ailleurs, la sérialisation n'allait débuter que 6 mois plus tard, comme le premier chapitre était vraiment très bien, nous avons donc profité du temps dont nous disposions pour travailler et améliorer les chapitres suivants.

Wsj : Habituellement, il faut compter environ 2 mois entre la décision de débuter une série et le moment où sa publication débute ?
Ki : J'ai vraiment eu une chance inouïe de pouvoir bénéficier de ce supplément de temps, qui m'a permis par ailleurs de déménager et de m'installer à Tokyo pour mes besoins professionnels.
Ya : Le chapitre 2 de l'œuvre telle que vous la connaissez, était en réalité le 4. Nous avons dû apporter quelques modifications afin de pouvoir nous concentrer davantage sur le personnage de Naruto.
Ki : Le chapitre 2 a été le plus compliqué à réaliser, j'ai dû le recommencer 2 ou 3 fois.
Ya : Nous voulions, en effet, que les 2 premiers chapitres soient consacrés au personnage principal. L'introduction de Konohamaru a permis de mettre en évidence le côté coquin des personnages, et de montrer Naruto en train de jouer les adultes. Nous voulions également approfondir davantage le contexte du monde dans lequel s'inscrivait l'œuvre, histoire d'apporter des bases solides pour la suite de l'histoire.

Wsj : C'est à partir du chapitre 3 que les personnages de Sasuke et Sakura ont été introduits.
Ki : Yagahi-san m'avait suggéré de me consacrer exclusivement au héros pour les 2 premiers chapitres, et ainsi à partir du chapitre 3 introduire le rival et l'héroïne, pour ainsi pouvoir constituer une sorte de triangle amoureux. Je ne suis pas spécialement doué pour l'élaboration des personnages féminins, ce n'était donc pas dans mon projet initial. Mais une fois que le triangle amoureux a été constitué, il m'a été beaucoup plus aisé d'écrire la suite, c'était un excellent conseil. C'est une des raisons qui m'a poussé à prendre vraiment en considération tous les avis qu'il me donnait. Néanmoins, il lui est arrivé une fois de m'avoir convaincu de suivre l'un de ses conseils, au terme de 6 heures de discussion. Il sait se montrer convaincant, donc parfois je n'ai pas vraiment le choix !
Ya : Je me souviens que nous avons eu pas mal de réunions aux alentours de l'introduction du personnage de Gaara.
Ki : Il s'agissait d'un personnage clé, et il m'a fallu du temps pour bien l'élaborer.

Wsj : Avez-vous d'autres souvenirs de cette époque ?
Ki : J'avais un peu de mal à suivre le rythme parce que j'étais un peu souffrant, il m'a donc accordé pas mal de pauses malgré le fait que j'étais débutant.
Ya : A cette époque c'était totalement inconcevable de laisser le créateur d'une nouvelle série pouvoir prendre des pauses. J'étais vraiment content que cela n'ait pas posé de problème. Mais d'un autre côté, j'étais du genre à demander si le storyboard du prochain chapitre était prêt, quelques heures seulement après avoir validé les dernières pages du chapitre en cours. J'avoue que je n'avais pas vraiment conscience du rythme que devaient endurer les mangakas.

Wsj : Mais vous avez continué à le superviser pendant 10 ans.
Ya : Après l'arc de Tsunade, je m'étais dit que s'il travaillait avec un autre éditeur, ça ne poserait pas de problème, car à ce moment-là, il n' y avait aucune raison de s'inquiéter, que ce soit au niveau du style graphique ou de l'intrigue, tout était bien ficelé.
Ki : Finalement vous êtes resté jusqu'à ce que Sasuke s'éveille au Mangekyo sharingan, j'ai vraiment beaucoup appris à vos côtés, à cette époque.

Wsj : Yahagi-san, un petit mot de soutien, pour Kishimoto sensei dont la série est en train de se conclure ?
Ya : La conclusion de l'histoire par un combat entre Naruto et Sasuke avait déjà été établie quand j'étais son éditeur, j'attends donc avec impatience de le lire. J'aime beaucoup les séries comme Hokuto no Ken ou Ashita no Joe qui retracent l'histoire de la vie entière d'un personnage, et je suis vraiment heureux que Naruto fasse partie de ce genre de récits.

Wsj : Maintenant que la série est arrivée à son terme, il y a un film qui va bientôt sortir en salle. A quoi aspirez-vous plus particulièrement par rapport à l'œuvre?
Ki : Maintenant que je suis père, j'ai vraiment très envie dessiner Naruto en tant que père. Je voudrais mettre l'accent sur le changement des personnages et leur évolution en terme de maturité.
Ya : Merci beaucoup pour le travail acharné que vous avez fourni durant toutes ces années. Prenez une pause bien méritée. Puis revenez-nous avec un nouveau manga ! je suis certain que les lecteurs attendent ce moment avec impatience !



Fin


Traduction par Erin

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